Quoi, un BLOG ?!

Le but de celui-ci n'est pas de battre des records de fréquentation mais d'éviter, au maximum, de sombrer dans la xyloglossie texte
De toute façon, ne vaut t'il pas mieux échanger avec une poignée de personnes éduquées que se taper les dégoisements d'une horde d'ignares ?


FESSEBOOK vous propose des articles avec, en complément, des "coups de gueule" (colonne de droite) dans lesquels l'actualité y est moins brûlante, mais où vous y trouverez amplement matière à cogiter.

LES GRANDS FLÉAUX DE NOTRE TEMPS :

1- LES ENFANTS.  

Avertissement : Pour aborder ce sujet délicat, l’auteur de ce billet s’est efforcé de privilégier une approche purement factuelle et intellectuelle, fruit d’une réflexion cérébrale. Une lecture marquée par l’affect et l’émotivité pourrait être préjudiciable à la bonne compréhension du propos. 

Je dois reconnaître que cette question me tarabuste en même temps qu’elle me turlupine… Comment en ce début de XXI° siècle, des individus adultes normalement constitués, éduqués, informés, assez intelligents pour se soustraire à tout dogmatisme moralisateur de nature religieuse, peuvent-ils encore décider de concevoir des enfants ?
Ça paraît incroyable quand on voit ce qu’on voit et quand on sait ce qu’on sait, et ben, regardez autour de vous, y’en a plein ! Pourtant, il suffit de prendre un tout petit peu de recul et de se remettre à notre juste place au niveau planétaire pour se rendre compte que cette médiocre humanité fonce droit dans le mur avec une inconscience déconcertante.
Je vous épargnerai les chiffres en milliards d’individus pour une Terre qui offre des ressources nécessairement limitées de plus en plus sur-exploitées, tout le monde est au courant ! Citons juste les statistiques pour la France entre 1960 et 2012, comme ça, pour se donner une idée de la frénésie copulatoire : on est passé de 45 à 65 millions en l’espace de 50 ans ! Pas étonnant qu’on ne puisse plus trouver un petit coin de plage tranquille, même en Bretagne…
Faut-il qu’il soit surpuissant, cet instinct de reproduction qui ravale l’Homme au rang de la Bête pour qu’Il continue ainsi de procréer tous azimuts en dépit de tous les signaux alarmants !
Si l’on observe les peuples « premiers » (amérindiens, inuits, aborigènes d’Australie, etc…) qui vivaient proches de la nature avec une spiritualité qui privilégiait équilibre et harmonie plutôt que soif de conquête, on constate qu’ils n’ont jamais été tentés par la prolifération débridée. Il a fallu l’essor des grandes religions monothéistes pour que le « croissez et multipliez » ne devienne un principe encore aujourd’hui très activement prôné par les papes, les rabbins et les imams irresponsables.
Mais au fait, comment fait-on les bébés ? Eh bien, c’est assez compliqué à expliquer comme ça, sans images, aussi nous contenterons-nous de quelques généralités. Un des grands moteurs de cette triste espèce humaine, outre la violence, la cruauté, l’envie et la recherche du profit, c’est le sexe ! Ça tombe bien puisque c’est justement par l’acte sexuel que l’on s’assure une descendance et même une lignée pour les plus privilégiés d’entre nous. S’il est exact que le coït puisse être envisagé comme une performance quasi-sportive ou un passe-temps temporairement ludique et durablement somnifère, il n’en reste pas moins au service de l’instinct reproductif ! C’est un des nombreux aspects canins du comportement et de la physiologie humaine. Le ballottement chaotique des testicules d’un chien qui trottine est le signe évident d’une filiation directe, de même que cet acharnement quasi-mystique à vouloir parfois copuler avec un tibia humain, comme pour être plus près de son Dieu. Notre conformation de mammifères a d’ailleurs placé, non sans humour, les organes génitaux juste à côté des orifices chargés des fonctions excrétoires, ce qui, il faut bien l’avouer, tue un peu le romantisme…
Donc, quelques mois après un coïtus non interruptus, l’élément féminin du couple (puisque c’est elle qui doit se charger du fardeau !) se met à gonfler. Quelquefois dans des proportions alarmantes… Les pieds enflent, la silhouette s’épaissit, et dès le semestre suivant, la démarche altière de celle qui fut jadis une nymphette à la grâce féline se transforme en un dandinement grotesque de palmipède sortant d’une séance de gavage.
Longtemps d’ailleurs, à des époques plus sages et moins exhibitionnistes, les femmes enceintes (c’est comme ça qu’on dit…) savaient rester discrètes. La statuaire grecque n’a jamais magnifié cet état et il a fallu attendre l’art décadent de la fin du XX° siècle pour commencer à trouver des représentations malheureuses de cette difformité. Mais de nos jours, quelle arrogance !
Le gros bide en avant et l’égo démesuré, la ballonnée plastronne ! Le plus souvent moulée dans des fringues qui surlignent son anatomie de la façon la plus obscène, la bougresse s’exhibe et se pavane : garez-vous, c’est moi que v’là ! Et que je te prends ta place dans le bus, et que je te passe devant à la caisse de la supérette, et que éteins ta clope… Une femelle engrossée est pourtant d’une très affligeante banalité, la surmultiplication des individus entraînant de fait une considérable dévalorisation de la vie humaine, et pas seulement sur le marché du travail.
Mais la Nature est impitoyable ! Sitôt la procréation achevée, la déchéance physique commence…
On a chanté sur tous les tons la beauté des jeunes mamans, l’épanouissement de l’enfantement, on a loué l’exacerbation de la féminité postnatale, mais qu’en est-il au juste ? Indubitablement, la chair s’amollit et se fripe, le ventre s’affaisse, le sein se rabougrit et le téton s’étiole, la fesse se vergeture, se liquéfie en goutte d’huile et devient flasque, on parlera désormais du « popotin de bobonne ». C’est une épreuve pour l’esthète, une écorne dans l’insouciance des amants, le premier coup de vieux du jeune couple. On perçoit le lent glissement du désir vers la résignation. Sans doute par empathie, le père à son tour se néglige. Au début, aimant et attentionné, sobre et ponctuel, le voilà maintenant qui lui aussi prend du bide, engraisse et s’avachit, ronchonne, traînaille le soir et parfois picole. Les corps et les esprits renoncent et s’embourgeoisent, la télé remplace le dialogue. Les mots doux disparaissent et on s’appelle maintenant « papa » et « maman », en attendant le pépé-mémé inéluctable à la prochaine génération !
Outre ces considérations décoratives superficielles et somme toute, secondaires, tous les amis des jeunes parents doivent bientôt se plier au despotisme de la larve scatophile devenue le nouveau centre du monde. Une simple invitation à dîner nécessite une logistique quasi militaire : le siège convertible multi-positionnel, la poussette télescopique en matériaux composites issus de la technologie spatiale, le berceau anatomique garni de mousse polymère compensée, le poste émetteur récepteur pour un contact radio permanent par liaison ondes courtes et mieux encore, la « web-cam », le biberon et le chauffe-biberon, les petits pots pour la bouffe et pour la merde, sans oublier les inévitables montagnes de couches non biodégradables. Quand le petit chérubin a pondu son merveilleux étron, merci de déplacer un peu les verres et les cacahouètes et de laisser une large place à la maman qui torche et poudre ce trou du cul ridicule, nouveau nombril de l’univers. L’extrême béatitude affichée par ce tableau troublant donnerait des envies de canonisation immédiate à l’athée le plus convaincu.
Pourtant l’esclavage ne fait que commencer ! Bientôt l’école et la pression des autres enfants, de la pub, des marques, les poussées acnéiques de l’adolescence, et tout le reste bon sang ! Le cauchemar ! On comprend mieux les parents déboussolés qui congèlent leurs mômes dans une sage prise de conscience hélas trop tardive…
Amis pédés et amies goui…, euh, je veux dire, ami(e)s homos, un peu de bon sens que diable ! Puisque la nature vous a fait cette grâce d’être attirés par vos semblables et d’échapper à la déchéance parentale, ne devenez pas les instigateurs d’un marché lucratif de procréation par intérim ! Déjà que certains couples, persuadés d’être désespérés parce que papa est stérile et/ou maman est bréhaigne, aillent kidnapper des enfants exotiques pas même orphelins me semble limite…
Vous aussi, tout cela vous révulse et vous répugne ! Eh bien chers concitoyens, je vous le promets ici solennellement : moi Président, je supprimerai les allocations familiales qui sont une subvention déguisée pour tous les pillards de notre belle planète, pour tous les aigrefins vendeurs de mickeys en plastique multicolore, pour les empoisonneurs de chez Monsanto, Coca et Mac-Do, et j’instaurerai une prime pour ceux qui ont fait le choix de ne pas avoir de chiards ni de morveux !

2- LES VIEUX.

En fait, les vieux, c’est rien d’autre que d’anciens jeunes qui ont mal tourné ! Quoique… Il m’arrive quelquefois de rencontrer des « jeunes » (par l’âge), qui sont déjà vieux ! Prenez les « jeunes UMP » par exemple ! Oui je sais, c’est un exemple caricatural, mais quand même ! La plupart du temps, ils sortent d’un milieu aisé, sont bien éduqués, vont à la fac de droit et tout à l’avenant, mais dans l’esprit, ils sont déjà tout rabougris ! En fait, ils ne savent que répéter le credo de leurs aînés à un point tel que c’en est désespérant.Autre cas de figure, l’année dernière, j’ai connu aussi un gars de 20 ans tout juste, issu d’un milieu rural. Un vraiment bien bourrin ! Lui, toute sa conversation tournait autour de trois axiomes : «Aller à la chasse, aller en boîte, se prendre une caisse ! ». En dehors de ça, rien ! La vacuité totale ! Une erreur de réincarnation ! Un cul-de-sac évolutif ! Mais capable de et autorisé à se servir d’un fusil en étant bourré (il m’a montré l’estampille…) !
Chez les vieux, il existe des gradations. J’ai reçu un courrier de la Caisse primaire d’assurance maladie, la CPAM. Tiens, pourtant je pensais être en bonne santé, eh ben potentiellement, non ! En fait, on m’informait dans cette lettre circonstanciée, que je pouvais très certainement être la proie d’un mal sournois et pernicieux, le cancer colo-rectal ! Oh ! Je vous passe les détails sordides qui activaient le fonctionnement angoissé de mes glandes sudoripares au fur et à mesure de la lecture, mais soudain j’eus la révélation : j’étais devenu un vieux ! C’est bien connu, les vieux sont flippés, toujours un pet de travers, les douleurs, les visites hebdomadaires chez le toubib, les examens, les prises de sang et tout le toutim, bref, à 50 balais, on devient vieux ! Comme on débute et qu’on sait pas bien comment gérer cette affaire, la CPAM commence par te balancer un message bien trash sur la présence de sang dans les selles et la quantité annuelle de macchabées pourris du trou du cul qui n’ont pas eu l’intelligence de se faire dépister à temps, bien fait pour leur pomme ! Donc, très premier degré, j’appelle le Samu, direction les urgences sur un brancard et je brandis la lettre tel un sésame en exigeant un examen immédiat en top priorité pour passer devant la file de pochetrons éclopés, d’accidentés de la route éthylophiles et de femmes battues. Hélas, ça n’a pas marché, et finalement, j’ai laissé tomber. Je me contente maintenant d’un coup d’œil furtif et bi-mensuel à mon étron matinal…D’après les renseignements que j’ai pu glaner çà et là, la vieillesse commence véritablement au moment de l’inaction professionnelle légalement définie par l’âge de la retraite. Les petits jeunes qui nous lisent auront donc le privilège de devenir vieux vers 65 ou 70 ans si nos politiciens véreux poursuivent ainsi le rythme des réformes. C’est un réel progrès ! Le retraité n’est-il pas un genre de profiteur qui fait monter les cours de l’immobilier et dont l’oisiveté crasse est financée par la masse laborieuse des obscurs salariés ? Se sentant menacé, surtout par sa propre paranoïa, l’aïeul inactif devient grégaire. On en trouve plein sur la côte d’Azur, dans des résidences sécurisées, là où le taux de vote à droite est le plus fort. Car paradoxalement, alors que l’avenir de cette tranche d’âge est un trou au cimetière ou une urne funéraire pour les plus audacieux, le vieux est avide de SÉCURITÉ ! Ce qui ne l’empêche pas, fort heureusement, d’être aussi une proie facile pour les aigrefins vendeurs de voyages organisés vers des contrées exotiques et insalubres et les concessionnaires de véhicules de loisirs capables de lui fourguer un camping-car pour le prix d’une maison ! Le magot des vioques, ultime niche préservée d’un pouvoir d’achat déclinant, n’est pas convoité que par leurs héritiers.
Tout ça, c’est bon quand ils sont valides, mais que faire du vieillard cacochyme semi-grabataire, surtout quand il devient incontinent ? Notre société a pensé à tout ! Trop compliqué à gérer pour sa famille, l’ancêtre gâteux est accueilli dans ces institutions péri-urbaines hors de prix : les maisons de retraite ! (anciennement « hospices » et de plus en plus dénommées « Résidence médicalisée pour les seniors » passque ça fait plus propre, enfin disons… moins sordide.) Là, dans une ambiance urinaire et excrémentielle, les fauteuils roulants alignés devant une télé qui hurle, les séniles baveux sont dorlotés par un personnel aimant et motivé, quoi que sous-payé, qui leur propose des animations destinées à tuer le temps entre deux distributions de mangeaille servie à des heures impossibles et composée d’une bouillie infâme que même un clébard affamé hésiterait à ingurgiter.  Pour vous donner une idée, c’est un peu comme si on accommodait les restes des plateaux-repas servis en classe éco chez Air France, vous voyez le topo ! Le truc est tellement rentable que même des fonds de pension, ces grandes organisations humanistes, ont foncé dans la brèche, mais pas du tout par l’appât du lucre. Ça n’empêche pas nos aînés d’avoir parfois de l’humour ! Dans un de ces établissements, que je nommerai pas, un résident parkinsonien qui se bourre quotidiennement de Viagra© a ainsi été surnommé « Raymond le  sex toy » par ses compagnons d’infortune… J’ai lu, il y a quelques semaines, que le doyen de l’humanité serait (j’emploie le conditionnel vu que son record n’est pas encore homologué) un indios  andin, âgé de 123 ans ! Le gars vit tout seul dans sa cabane en torchis à 4000 m d’altitude, récolte lui-même ses pototes et mâchonne des feuilles de coca pour lutter contre le mal de l’air. Sinon, il va bien. Mais alors, il n’y a donc pas de fatalité dans la décrépitude ? Existe-t-il des vieux qui ne soient pas infréquentables ? Rien qu’en France, nous avons un anar octogénaire pêchu, Maurice Sinet, dit Bob, dit Siné, devenu patron de presse avec « Siné Hebdo » puis « Siné Mensuel », rempli de dessins de mauvais goût et d’articles de fond que je vous encourage d’ailleurs vivement à lire et à faire vivre. Même s’il est décédé récemment, notre glorieuse patrie a également hébergé un nonagénaire dynamique, un certain Stéphane Aisselle (ou quelque-chose comme ça…), certes un respectable révolutionnaire en peau de lapin, mais qui a quand même eu le mérite d’inciter la masse amorphe à s’indigner. Le soufflé est pas mal retombé d’ailleurs… Bon, y’en a sans doute quelques autres, je pense aussi à Jean Kergrist (même si je ne le connais ni… ni…), encore capable d’aller à pied au Vatican (‘cherchez pas, ce n’est pas une contrepèterie) et qui garde tout son esprit incisif sous une tête chenue.  
Bref, oui, on peut vieillir sans devenir trop con, « le temps ne fait rien à l’affaire » ! 

[Maître Knopp] Ce contenu a été publié dans "Tout-venant" par Dilhad Sul. ]