Quoi, un BLOG ?!

Le but de celui-ci n'est pas de battre des records de fréquentation mais d'éviter, au maximum, de sombrer dans la xyloglossie texte
De toute façon, ne vaut t'il pas mieux échanger avec une poignée de personnes éduquées que se taper les dégoisements d'une horde d'ignares ?


FESSEBOOK vous propose des articles avec, en complément, des "coups de gueule" (colonne de droite) dans lesquels l'actualité y est moins brûlante, mais où vous y trouverez amplement matière à cogiter.

CONSIDÉRATIONS DIVERSES & AVARIÉES.

Une analyse de pub est toujours croustillante car en réalité toutes les pubs sont scaénarisées à partir de réflexes primaires qui continuent de marcher très fort (voir Propaganda, l’ouvrage d’Edward Barneys, neveu du fameux psy Freud, et qui a récupéré les découvertes sur l’inconscient de son tonton pour les mettre à disposition des firmes américaines).
Mais l’essentiel n’est plus là. La pub Nespresso marche du feu de dieu vu le nombre de veaux qui a acheté sa cafetière style « nasa » en faisant croire que le kawa serait forcément super bon... et le pire, c’est qu’en plus, ces millions de veaux nespressés du bulbe achètent même, à prix surréalistes, les tubes de cartouche !!!
On ne parlera même pas du lessivage de cerveaux trèèès disponibles par Apple puis, avec autant d’efficacité par Samsung etc... et les mêmes veaux achètent, achètent, achètent, achètent... jjusqu’à en crever sans doute....
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-pubs-nespresso

Dans la foulée :
L’avitaillement du ménage est indissociable du rituel de la préparation culinaire. Reste que nous sommes des omnivores, au bout de la chaîne alimentaire (si l’on excepte les asticots) et que nous devons donc vivre en prédateurs. Avant l’invention de ces vastes hangars périphériques que sont les hypermarchés, il fallait se ravitailler chez les commerçants de quartier. Caste de parvenus laborieux et dissimulateurs. L’épicier qui se curait le nez en nous refilant ses vieux légumes et ses nouilles obsolètes, le boucher chevalin qui se grattait le cul avant de hacher le bifteck tout en nous parlant de l’eczéma de sa bourgeoise. Sans compter le boulanger dont la fosse d’aisance débordait régulièrement dans le fournil.  La modernisation et l’essor des grandes chaînes de distribution a heureusement sonné le glas du panier en osier et des commissions dans les commerces de proximité. De nos jours, on chasse en meute familiale dans les rayons balisés. Des kilomètres de poulets, des montagnes d’escalopes, des millions de boudins, des mégatonnes de barbaque désossée-dégraissée-reconstituée. L’étiquette attachée à l’orteil, la saucisse de Strasbourg ne connaît pas la vallée du Rhin, ni la cathédrale. Sa collègue toulousaine n’a jamais vu que du colorant rose et prend des anti-dépresseurs. La chair est triste, et même la pintade fermière avec son label rouge attaché au croupion semble regretter d’avoir été élevée en plein air. Pourtant ici, on peut toucher, palper et tripoter, les autres font pareil. On peut renier le tabou obsolète, s’affranchir de la vitrine frontalière, choisir soi-même, enfin, dans l’éventail de médiocrité. Les employés rassurants sont anonymes et interchangeables malgré leur badge d’identification. Revers de la médaille : finis les commérages de quartier ! On ne saura rien du dénouement de l’épisode du furoncle de Monsieur Chevrier, pas plus que de l’évolution du mal qui ronge la matrice pourrissante de cette pauvre Madame Bazot, la liberté du choix est à ce prix.  Observons ce couple de quinquagénaires en surpoids qui déambule au rayon volaille… L’homme contemple la peau blanche, grasse et granuleuse d’une dinde dodue. Il jette un œil furtif à sa femme qui le précède. « On dirait ton cul », pense-t-il, et d’enfoncer son doigt avec une délectation morbide dans la viande avachie. Ainsi, des hordes de citoyens paisibles se harnachent l’abdomen d’un vaste chariot grillagé à roulettes et randonnent dans les rayonnages. Paisiblement et en musique, ils dévastent la basse-cour, ravagent l’écosystème, rançonnent les moissons, anéantissent le cheptel, souillent l’air, la mer et les rivières. Ils dépensent en trente minutes le salaire de trente-cinq heures. La semaine suivante, un autre fleuve de sang viendra alimenter cette soif inextinguible. Des millions d’animaux sacrifiés à l’autel de la bouffe carnassière. 
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   Pour voyager « à l’étranger », il faut être super-motivé ! On y mange mal, difficile de se faire comprendre vu que les gens ne parlent pas couramment notre riche et belle langue de Molière (même dans les contrées soi-disant francophones, avec leur accent ridicule.) on attrape des maladies, les plages sont polluées et on s’emmerde ! Et tout ça pour un investissement en temps et en argent considérable…
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Pourtant, il fut un temps, pas si éloigné que ça, où les voyages étaient simples, souples et fluides. Les plus de 40 ans qui ont vécu cette expérience en ont probablement conservé un souvenir ému. Un passeport, un visa (le tout pour quelques francs !), sac à dos, et hop ! En train, en bateau ou en avion, même les destinations lointaines restaient très accessibles pour qui savait se débrouiller.  Une fois sur place, on découvrait des autochtones authentiques, ouverts, hospitaliers et curieux. Les arnaques étaient rudimentaires et sympathiques, le dépaysement assuré. On revenait avec des flopées de souvenirs à raconter et de photos à montrer pour emmerder tous les copains.
Ça, c’était avant la mondialisation !  Mais maintenant ? Partout règne la même uniformité vestimentaire Nike et Reebok – des Papous aux Eskimaux – la même médiocrité alimentaire avec les empoisonneurs Coca et Mac Do.
La liste des pays « visitables » se rétrécit un peu plus chaque année, bon nombre de responsables politiques et religieux préférant organiser des guerres plutôt que de s’ouvrir aux visiteurs. Et de toutes façons, pour voyager, il ne reste plus que l’avion ! Au départ de France, le train et le cargo, c’est même plus la peine d’essayer, c’est devenu hors de prix !
Ah, l’avion ! La classe éco pour le bétail humain : meuuuuh ! Se pointer 3 heures avant le décollage, les queues, les contrôles, les fouilles, les interdictions, l’horrible promiscuité sardinesque, les bébés hurleurs tout au long du vol, les chiottes immondes et les repas sordides… Ah, l’avion !…
Et puis pour aller où ? On rencontre partout les mêmes hordes oisives de pré-retraités multicolores – le numérique haut de gamme sur l’abdomen – qui viennent étaler leur désœuvrement à l’export… Où aller alors qu’ils ont tout envahi ? D’emblée, on exclut les pays « riches », majoritairement peuplés de blancs et à fort pouvoir d’achat. Aucun intérêt ! L’Angleterre, l’Allemagne, les pays scandinaves, les États-Unis, le Canada, etc, tous ces endroits où tu peux même pas te baigner dans de l’eau à 28° et où tu claques en 15 jours au moins 2 mois de salaire, c’est vraiment des destinations pour les intellos friqués, et je ne parle même pas du Japon ! En Australie, c’est des descendants de bagnards et en Nouvelle-Zélande, ça ne vaut pas mieux ! L’Europe du sud et le nord du bassin méditerranéen ? Depuis l’Euro, plus la peine ! Du Portugal jusqu’à la Grèce, tous ces pays ne savent que produire de l’huile d’olive de piètre qualité, et sont envahis par des Allemands en shorts, un mal nécessaire pour tenter d’équilibrer la balance commerciale de leurs économies exsangues. Et toutes ces ruines, vestiges d’une gloire passée, c’est déprimant à la longue ! En Europe centrale, dans les pays de l’ex-Pacte de Varsovie, on trouve encore des vrais pauvres à peau blanche, avides et corruptibles, dont les plus pittoresques sont même nostalgiques du communisme. Incroyable ! Un peu de marché noir, quelques trophées de l’Armée Rouge à revendre sur « le bon coin » au retour ? Bôf ! C’est du déjà vu… Le Danube est dégueulasse, la Mer Noire est pourrie, Moscou ça craint, Varsovie, c’est fini… Non vraiment, c’est trop nul !
Tiens, ben puisqu’on parle d’avidité et de corruption, passons aux contrées majoritairement peuplées d’autochtones aux pigments peauciers plus foncés. Là, n’en v’là du dépaysement ! Et au niveau du pouvoir d’achat, même le Hérémiste peut se donner l’illusion d’être un nabab pendant 3 ou 4 semaines… Ce déséquilibre financier permet en outre au moindre « petit blanc » frustré en son pays de pouvoir sans complexe donner des ordres à un personnel surnuméraire, inefficace et lymphatique. Mais au moins, tant qu’ils restent chez eux, ils ne viennent pas piquer notre boulot ! Au plus proche, les pays du Maghreb. On a vite fait le tour, il ne reste plus guère que le Maroc qui est à peu près sûr, et puis quoi faire là-bas ? Hein ? Ah oui, je sais ! Nous y reviendrons en fin de rubrique… L’Égypte ? Même avant les aléas politiques, c’était l’enfer touristique ! La queue du Sphinx, la queue des pyramides, la queue du Nil, la queue du canal et celle de la Mer Rouge, un déferlement permanent de momitologues amateurs qui vont chier leur tourista sur les centaines d’hôtels flottants qui pustulent le fleuve sacré. Ceux d’entre vous qui sont les plus accros à l’actu me feront remarquer que ces jours-ci, c’est probablement possible de dégoter des promos et d’avoir le guide et le dromadaire pour soi tout seul, mais je préfère quand même ne pas essayer.  L’Afrique noire est réservée au haut de gamme. À moins de se payer un safari avec une escorte armée, pas trop la peine d’envisager le camping sauvage. Depuis des siècles que l’Occidental va piller les ressources de ce continent, c’est sans doute un juste retour des choses.
 Alors… que reste-t-il ? L’Amérique latine ? Rapts, kidnappings, rançons... OK, compris ! En Asie du sud-est, il est peut-être encore possible de satisfaire notre voyeurisme malsain et d’immortaliser un peu de leur misère tellement photogénique, surtout en Inde, le pays qui rend fou, mais en fin de compte, on en retire quoi ?  Non, j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, la seule façon un peu viable de faire du tourisme maintenant, c’est la formule « club » ou « avion + hôtel », et les voyagistes l’ont bien compris. Ça ne date pas d’hier : dans les années 80, j’ai eu l’occasion de bosser au club « mes deux » en Turquie : un immense parc arboré, copieusement arrosé et engazonné, des plages, des restaurants, un amphithéâtre et moult activités, le tout ceinturé d’une haute clôture barbelée gardée par des militaires… Le pied ! Les « gentils membres », afin qu’ils ne restent pas dans une ignorance totale du pays dans lequel ils séjournaient, avaient droit à une excursion en ville à Izmir et en Cappadoce et tous qualifiaient leurs vacances de « super » ou de « fabulous »… C’est pas une preuve ça ?

Allez, pour clore le chapitre, une courte évocation d’un genre d’activité qui connut ses heures de gloire il y a quelques années, le tourisme sexuel. Ha-haaaaaah, je vois des lecteurs guettés par l’endormissement qui sursautent d’intérêt !
Injustement décriée, cette pratique permet pourtant à des occidentaux imaginatifs de laisser libre cours à leurs fantaisies dans des pays où la législation est moins restrictive et où la nécessité économique autorise certains arrangements avec le Coran ou la morale. Ainsi, le ministre préoccupé, l’homme d’affaires soucieux ou le simple quidam avide d’exotisme pouvaient-ils facilement rentabiliser leur vol aller-retour vers Marrakech ou Singapour. Sans doute l’attrait qu’exercent les orifices imberbes est-il plus fascinant encore sur une peau hâlée car Oslo et Copenhague sont des destinations peu touchées par le phénomène. Aussi les petits enfants blancs sont-ils encore relativement épargnés par ces pratiques, dès lors qu’ils ne vont pas au catéchisme…
Terminons sur une courte anecdote… Un soir que je déambulais dans une grande ville du nord-est de l’Inde, un individu louche, mais rondouillard, au regard torve et fuyant m’aborda (dialogue à prononcer en roulant les « r ») :
-‘evening Sir ! Girls, girls… ‘you want girls ?
- No thanks ! répondis-je sans sourire.
- Little girls ?…
- No ! Thank you !
- Boys ? Small boys ?…
- No-no ! But… maybe…
Je me penchai alors vers lui, jetant des coups d’œil furtifs à droite et à gauche et chuchotai avec un accent d’intense conviction : Animals ? You don’t have animals ?… Je lus un court instant un genre de désarroi dans ses yeux, mais il se reprit très vite.
- What kind of animals, Sir ?
- A duck ! I’d like very much to fuck a duck ! … ‘possible ?
Cette fois, il me jeta un regard effaré et s’éloigna sans même me saluer. Il a dû penser que ces Européens étaient décidément encore plus dépravés qu’il ne l’avait imaginé ! Cependant, je suis convaincu qu’il a ajouté le canard à son catalogue d’esclaves sexuels à proposer aux touristes…
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Naguère, au temps jadis et même qu'il n’y a pas si longtemps, la campagne était vêtue de petites parcelles cloisonnées par des haies. De grands et beaux arbres voisinaient avec des buissons touffus plus ou moins épineux, ce qui permettait aux oiseaux de toute espèce de nidifier à leur aise et à leur niveau. On y trouvait des fruits avec ou sans coque, des baies rouges, oranges et bleues, des fleurettes jolies, un habitat sympa pour les petits mammifères du secteur, plus d’humus et de micro-organismes dans les terres de surface.
Nos ancêtres qui avaient du bon sens et un instinct naturel du beau avaient remarqué que les talus coupaient le vent et la pluie, évitaient le ruissellement et l’érosion des sols, limitaient les crues et favorisaient la percolation, essentielle pour les nappes phréatiques et l’alimentation des fontaines comme des sources. Les rivières bordées d’arbres et de prairies plus ou moins inondables assuraient des zones tampon primordiales et la qualité de l’eau permettait aux poissons et aux écrevisses de couler des jours heureux.
Heureusement, tout ça, c’est du passé ! L’homo modernicus a commencé par inventer le « remembrement », premier saccage planifié à grande échelle dès le début des années 70 du siècle précédent. Depuis, cette logique d’industrialisation des zones rurales n’a fait que croître. Partout, chaque hiver, des dizaines de kilomètres de talus sont rasés. Hop ! Y en n’a pus ! Le bois de chauffage, une source énergétique écologique et bon marché, commence à rapporter des sous. Y faudra trouver aut’ chose pour se chauffer ! » Ensuite, les parcelles sont trop petites, complètement inadaptées au gigantisme du matériel agricole moderne. Les chemins d’exploitation bordés de haies sont trop étroits, impossible de passer. Rasons ! Les chemins communaux, c’est de l’entretien, c’est un obstacle à l’agrandissement. Annexons et rasons ! Tiens, si vous avez quelques heures devant vous, amusez-vous à retrouver sur le terrain le tracé des sentiers indiqués au cadastre. Ooooh ? Y en a plein qu’y z’ont disparu ! Ensuite allez à la mairie pour demander c’est où qui sont, les chemins dessinés sur la carte… Merci de me communiquer les réponses, j’en pouffe d’avance (mmmppfff ! Excusez-moi…). Les plus suicidaires d’entre vous, ayant constaté que ces disparitions/annexions n’ont jamais été enregistrées/régularisées pourront même tenter de piétiner les cultures en suivant, carte en main, le tracé théorique. À l’agriculteur qui ne manquera pas de vous apostropher vivement, sûrs de votre bon droit, vous pourrez répondre : « Ah, je regrette Monsieur, je suis ici sur le domaine public, et je… », mais ça m’étonnerait que vous puissiez en dire beaucoup plus, d’autant que l’agriculteur en question, c’est souvent le maire ! (mmmppfff ! Excusez-moi, je re-pouffe…). De même que le prédateur prédate, l’exploitant agricole exploite ! Le sens du mot est clair, y a pas à chercher midi à quatorze heures en tournant autour du pot ! Donc, amis d’une riante campagne fantasmée où volettent des papillons et bourdonnent des abeilles au milieu du cui-cui des oiseaux tandis que le doux glou-glou du ruisseau cristallin accompagne l’exquise senteur des fleurs champêtres, restez en ville et investissez dans l’intégrale DVD de « La petite maison dans la prairie » en aspergeant la pièce avec un aérosol parfumé, c’est de toute façon moins nocif que les pulvérisations répétées des produits « phyto-sanitaires » agricoles.

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[Articles publiés dans 'Dilhal Sul' sous la signature de Maître Knopp.]