Quoi, un BLOG ?!

Le but de celui-ci n'est pas de battre des records de fréquentation mais d'éviter, au maximum, de sombrer dans la xyloglossie texte
De toute façon, ne vaut t'il pas mieux échanger avec une poignée de personnes éduquées que se taper les dégoisements d'une horde d'ignares ?


FESSEBOOK vous propose des articles avec, en complément, des "coups de gueule" (colonne de droite) dans lesquels l'actualité y est moins brûlante, mais où vous y trouverez amplement matière à cogiter.

HEUREUSEMENT, IL RESTE DES MOTIFS POUR SE RÉJOUIR.

 PRINCIPE DE BASE.


Le capitalisme est l’ennemi public n° 1 de toute l'humanité.
L’écologie est au capitalisme ce que le doryphore est à la pomme de terre.

D'où il ressort que les conférences sur le réchauffement climatique sont aussi efficaces qu'un cautères sur une jambe de bois. Une véritable évolution environnementale exige que l’on se débarrasse des affamés de profit, qui se fichent de la planète comme de leur première paire de chaussettes.
(J'aime, le soir au coin d'un bois, pisser dans les violons...Quand j'en trouve !)


On entends dire ça : 


Dans la nature, il n’existe plus maintenant que trois catégories d’animaux : le bétail, le gibier et les nuisibles.
Cette dernière famille englobe tous ceux qui ne se mangent pas et dans très peu de temps notre logique utilitariste saura bien les éradiquer, puisqu'en terme de plus-value, ils sont contre-productifs…
Le gibier est de plus en plus issu d’élevages, les « sauvages » ayant à faire face à une crise inédite de disparition, celle de leur habitat traditionnel.
Concentrons-nous sur le bétail. Grâce aux tripatouilleurs sadiques de l’INRA, encore un Institut financé par nos impôts mais de plus en plus au service des grandes multinationales, la science de l’élevage rentable progresse. Dans le Massif Central, près de Clermont-Ferrand, on a inventé la vache à hublot ! Kézako ? Ben c’est un ruminant, sur une base de type vache…Un bricoleur de génie lui a dépecé le flanc sur un demi-mètre carré et scié les côtes pour installer une façade de machine à laver (ne me demandez pas quelle marque, je sais pas !). Le but étant de savoir comment ça marche à l’intérieur quand elle rumine… On ne s’est pas posé la question de savoir si l’animal était volontaire pour ce genre d’expérience, c’est de la recherche agronomique, point ! Circulez !
Mais l’audace est payante : on a maintenant mis au point la laitière à 3 traites par jour ! Hein ! Qu’est-ce vous dites de ça ? De même que les truies sont désormais équipées de 2 vertèbres et 2 mamelles supplémentaires… Bientôt les poulets à 4 cuisses et 8 blancs. La science progresse, on vous dit !
Donc, on nous impose (j’ai failli écrire « propose », excusez-moi !) de nous nourrir avec des animaux trafiqués et dopés comme des coureurs cyclistes. Sous divers prétextes, notamment qu’on n’aurait pas le choix vu qu’on est 8 ou 9 milliards de crétins sur cette Terre.
À force d’asséner, de répéter, de marteler le message, on finit presque par être obligé de le croire et de le recracher à notre tour, comme un certain troll, assez hilarant malgré lui. Pourtant, même un chancre… pardon, un chantre du libéralisme comme notre ex-Président Sarko ne bouffe pas de cette … euh… pitance. Souvenez-vous ! Tout de suite après son élection de 2007, il est allé, soit-disant pour méditer, sur le yacht de son poteau Bolloré, mouiller dans les eaux maltaises. D'après le Canard Enchaîné, il se faisait livrer par avion son pain BIO fabriqué à Paris ! Du pain bio ! Vous croyez tout de même pas que c’était pour faire des casse-dalles avec du jambon Monique Ranou ! Pareil pour le social-traître qui sévit actuellement à la tête de l’État : s’il a repris tous ses kilos et qu’il arbore maintenant des rondeurs pompidoliennes, c’est pas parce que les gardes du corps de maman Valérie vont pousser le caddie chez Leader Price ! Non ! La merde, c’est juste bon pour la plèbe… D'ailleurs, les éleveurs eux-même ne s’y trompent pas. Pour leur consommation personnelle, y z’ont des animaux « spéciaux », bichonnés aux petits oignons, un peu comme dans les saloons du far-west : -Whisky Joe ! Mais pas le même que celui des clients !
Pour en revenir au titre, et donc à la pestilence, il me faut (encore !) étayer mon propos par une anecdote… Juste à côté de là où j’habite se trouve un élevage de porcs. Le chemin qui mène à la ferme débouche sur la route, et dans un angle de l’intersection se trouve un container vert avec un couvercle assorti. C’est joli, comme ça, en vert… Toutes les semaines, dedans le container, ou à côté quand il est déjà plein, on peut voir des cadavres de cochons dans des poses assez inesthétiques, parfois même carrément obscènes, le groin de l’un dans l’entrejambe d’un autre, etc, beurk. Cet été, avec la (relative) canicule, certains jours, ça tournait même à la partouze de cochons zombies ! Les corps verdâtres étaient gonflés-boursouflés-bouffis et je puis vous assurer que les nuées de mouches étaient à la fête ! Mâtin, quel festin ! Comme elles devaient être cruellement déçues, les pauvrettes, quand le camion débordant de l’équarrisseur débordé venait soustraire les carcasses ! Voilà bien l’ingratitude de ces animaux ! On les nourrit pendant des mois et ils finissent à la poubelle… Un gaspillage de temps, d’énergie et de souffrance ! Au moins, dans le temps, quand on élevait le cochon, c’était pas pour qu’il crève en pleine croissance ! Il était dorloté, l’animal. Y avait zéro déchet… Mais soyez rassurés ! Ce gaspillage est prévu et anticipé par le plan comptable de la gestion prévisionnelle des dépenses de frais généraux, rubriques « pertes », formulaire 3-B, page 2, alinéa 5. Tant qu’on ne bascule pas dans l’hécatombe et que les charognes se tiennent dans une fourchette définie par les « normes » de la profession, le producteur rentre dans ses frais. Ouf ! Alors bon, je sais, les histoires de bien-être animal et toute cette sensiblerie, c’est vraiment des trucs de bobos ou de tapettes qui élisent des Delanoë. On n’entendra jamais un mec burné comme Poutine faire des chichis à propos des conditions de vie, de transport et d’abattage du bétail. Quelquefois, en suivant un semi transportant des volailles qui, pour la seule fois de leur vie, foncent à 90 km/h, je me marre en regardant le sillage de plumes voltiger. Elles arrivent à l’abattoir toutes nues, déjà plumées ! Comme c’est amusant… Il y a quelques décennies de cela,  le pôle emploi de l’époque avait affiché : « La SNCF recrute des conducteurs de trains ». Je crois me souvenir que c’était dans les années 40, ça me revient maintenant ! Même si les jeunes Français les plus vigoureux étaient massivement partis outre-Rhin pour étudier avec enthousiasme la langue de Goethe, il y eut tout de même un certain nombre de candidats, heureux d’avoir un job pour faire vivre leur famille. C’était pas compliqué, il fallait juste conduire des convois de wagons à bestiaux d’un point A en France vers un point B plus loin vers l’est. Que contenaient ces convois ? Mystère ! On ne l’a jamais su. Et sur les locomotives, y’a pas de rétroviseur…
Je termine tout de même (et je demande pardon de me répéter ainsi au lecteur attentif qui l’a déjà lue dans un post sur cet excellent blog…) avec cette phrase de Theodor W. Adorno, philosophe allemand : « Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux. »

Et on entends aussi dire cela :

Le gavage du bétail de boucherie entraîne un formidable gaspillage d’énergie et de ressources naturelles, ça, tout le monde le sait ! Est-il encore physiologiquement nécessaire et indispensable de s’alimenter avec des cadavres d’animaux pour être en bonne santé ? Est-ce une survivance du passé, une habitude pseudo-psycho-génétique dont il serait aisé de se débarrasser ?
Tout ceux qui voudront bien s’informer de manière objective et exhaustive finiront par découvrir que la Terre offre de multiples ressources pour une alimentation goûtue, complète et équilibrée, avantageuse et rentable, créatrice d’emplois et écologique, et ce pour l’ensemble des pays de la planète ! Juste un petit effort de volonté positive… Alors je sais, je connais par cœur le contre-argument des trolls du lobby des viandards : « Oui, mais Hitler aussi il était végétarien ! ». Eh ben, c’est même pas vrai ! Et toc ! Certes, il était assez sensible pour tomber dans les pommes à la vue d’une simple goutte de sang (et Eva devait faire chambre à part quand elle avait ses ragnagnas), mais il raffolait littéralement de la saucisse bavaroise. C’est ce bon Docteur Mengele qui lui avait prescrit d’y aller mollo avec la charcutaille à cause de ses reflux gastriques – Breûrspgl ! Chez les génies, on trouve pléthore de végétariens… De Léonardo da Vinci, en passant par Einstein, Darwin, Newton et Voltaire, on ne les compte plus ! Et comme la fonction crée l’organe, ils sont devenus géniaux parce qu‘ils bouffaient des légumes ! Vous voyez ce qui vous reste à faire… Prenez Pythagore par exemple… En général, on s’accorde à penser que c’était pas un crétin ! Eh ben il était végétarien ! Il racontait des trucs de ce genre : « Comme il se prépare à verser un jour le sang humain, celui qui égorge de sang-froid un agneau (…) Y a-t-il loin de ce crime au dernier des crimes, l’homicide ? N’en ouvre-t-il pas le chemin ? ». Il parlait comme ça, Pythagore… Je conçois parfaitement que les plus subtils d’entre vous, amis lecteurs, m’objectent : « Moi, gn’en gn’ai rin gn’a fout’ d’êt’ un gnénie ! Moi, gn’aime gne gnaugnignnon ! ». Certes, certes… Il existe toujours des cas… difficiles, parfois même… désespérés…, mais… gne gnaugnignnon, comme tu dis, t’es pas non plus obligé d’en bâfrer trois rosettes de Lyon à chaque repas ! Modère-toi… Déguste… Espace… Tu ne l’apprécieras que mieux… Et laisse tomber l’industriel ! Savoure… C’est ça aussi, l’écologie appliquée, frère lecteur simplet et sœur lectrice obtuse !
Bon allez, je vais aller me faire une omelette avec des foetus de poules… (Non, je ne suis pas un végeta « lien », juste « rien »…)… BIO !
Alphonse de Lamartine (1790-1869) : « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains ; on a un cœur ou on n’en a pas ! ».
Ne manquez pas… Prochainement sur vos écrans… Le troisième et dernier volet de "l’agriculture pestilentielle".  Publié dans Dictature de l'écologie par Maître Knopp | 


En somme, une fois que l’on a dit tout le bien que l’on pensait de ceux qui nous gouvernent; pesté contre les augmentations; vitupéré contre les brigands qui sont causes des guerres, accablé les mollahs, les rabbins, les curés, les pasteurs, asticoté les banquiers, étrillé les pseudo-socialistes, vilipendé les pollueurs, asticoté les patrons du CAC 40, blasphémé envers Allah, Jésus,Vishnu, leurs prophètes et tous les saints, dénoncé les républiques bananières, pleuré sur la retraite des vieux, récriminé la-justice-de-mon-pays, tergiversé sur le bien fondé du mariage pour tous, regretté le bon vieux temps d’avant que c’était mieux…
ON S'APERÇOIT QUE LE PIRE S’ACCÉLÈRE PARTOUT.
Juste deux exemples : prem’s, le Qatar. Ce confetti géo-politique qui a déjà multiplié ses investissements dans notre beau pays, au point que, quand on achète un timbre à la poste, un pourcentage leur tombe dans l’escarcelle, eh bien au Qatar donc, le lycée Voltaire (j’ai bien écrit Voltaire, hein ! Attention ! Pas le lycée Philippe Pétain ou Pierre Laval…), franco-qatari, enseignera désormais la charia, la loi islamique, et la mixité y sera interdite… Le représentant du Ministre de la République Française a tenu tout de même à préciser que le lavage de cerveau, non, que l’enseignement de la Loi islamique, c’est seulement pour les Arabes et pas pour les ‘tits Français de là-bas. Eh ben quel soulagement ! On respire… Alors continuons dans la compromission, c’est sans doute possible de s’améliorer encore, y finiront bien par nous les acheter, ces putains de Rafales que le monde entier nous envie mais dont personne ne veut.
Tiens, je vais me renseigner sur combien que ça coûte de prendre la nationalité qatarie. Si ça reste abordable, j’investis dans un passeport. Et après, le roi du pétrole ! Impunité totale ! Police, gendarmerie, tribunaux, hop, je présente mes fafiots et je repars avec les félicitations du jury. Le Qatari, c’est l’avenir de l’Homme…
Alors en Australie maintenant. Leur Prime Minister, leur Ayrault à eux, c’est un libéral (comme chez nous), climato-sceptique (pareil), qui a nommé un incompétent notoire au ministère de l’environnement (oui, ben on connaît) et qui au nom de la croissance et de la lutte contre le chômage (bâillement…) est en train de céder à toutes les exigences des lobbies forestiers, industriels, miniers, gaziers et pétroliers (sans déconner ?)… C’est sans doute pas tout, j’ai dû en oublier… Ah oui ! Les surfeurs et les baigneurs qui exigent qu’on tue les requins pour qu’ils puissent faire trempette sans y laisser une guibole ou un bras.
Une forêt classée en Tasmanie ? Tous ces arbres inutiles qui valent des sous, c’est quand même dommage de les laisser debout. Crac, on déclasse et on exploite ! Les pays émergents ont besoin de charbon et de minerais ? Ben, y a qu’à faire des grandes infrastructures portuaires ! La grande barrière de corail, c’est pas avec ça qu’on va relancer l’économie.
Heureusement qu’il subsiste ainsi, de par le vaste monde, des politiciens couillus, hermétiques aux discours pleurnichards des écolos-bobos® qui nous les brisent avec leurs sempiternelles lamentations, et même que si on les écoutait, on en reviendrait à l’âge de pierre, quand on se chauffait à la bougie et que l’éclairage urbain fonctionnait au feu de bois…

Ben oui, et alors ? Le Qatar c’est loin, l’Australie encore plus, et finalement, on s’en fout. C’est le progrès… Puuuutain ! Vivement l’Apocalypse moi j’vous dis !
Maître Keunopp
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POUR EN REMETTRE UNE COUCHE ! 

Les groupes du CAC 40 disposent de 1548 filiales offshore dans les paradis fiscaux (étude publiée ce matin par Revue Projet, réalisée avec l’ONG Plateforme paradis fiscaux et judiciaires). En tête de gondole, une banque : la BNP Paribas, avec 214 filiales. Un peu plus loin, mais pas tant que ça, une autre : le crédit patate, avec 89 filiales. En mai dernier, l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran était auditionnée par la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale. Elle précisait « que l’implantation des banques dans les paradis fiscaux ne sert pas seulement les intérêts de leurs clients : les groupes bancaires eux-mêmes utilisent leurs filiales offshore pour « optimiser » leurs impôts, dont le taux implicite (imposition multipliée par 1,5 mais profits multipliés… par 10) est en baisse par rapport aux années 1990″ (Libération du 31 mai 2013). Le G20 aligne le Crédit agricole aux 29 banques « systémiques », dont la faillite aurait des conséquences mondiales…
Il n'en demeure pas moins que : OGM = TUMEURS. Après plus d'un an de controverse, révélée en septembre 2012, l'étude du Pr Séralini vient d'être retirée de la revue Food and Chemical Toxicology. Le scientifique proteste. Menée dans la plus grande discrétion par l'équipe du Pr Gilles-Eric Séralini (université de Caen), l'étude montre qu'après deux années de nourriture au maïs OGM, les rats développent deux à trois fois plus de tumeurs que les autres. Les trois ministres français concernés saisissent l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et envisagent, en fonction de son avis, de "suspendre en urgence l'autorisation d'importation dans l'Union européenne du maïs NK 603"
Si vous avez encore des doutes, lisez l'article de Rue89.  http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/09/19/les-ogm-dangereux-pour-la-sante-humaine-letude-qui-le-prouve-235484
Le 28 novembre 2013, l'étude est retirée, le Pr Séralini annonce lui-même lors d'une conférence de presse le retrait de son étude de la revue Food and Chemical Toxicology. "Les résultats présentés, s'ils ne sont pas incorrects, ne permettent pas de conclure", a écrit la revue au chercheur qui conteste ce retrait.
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Sans oublier que 90% des vins contiennent des pesticides (et c’est légal). Le 14 février dernier, à Bordeaux, le laboratoire spécialisé Excell présentait les résultats d’une analyse portant sur 300 échantillons de vin. L’enjeu de cette étude était de détecter d’éventuels résidus de pesticides dans le vin. Verdict, rapporté par le magazine La Vigne : « Seulement 10% [des vins analysés] ne contiennent aucun pesticide. Dans les 90% restants, Excell a trouvé la présence d’au moins une matière active, le plus souvent de la famille des fongicides. Et le laboratoire a pu détecter jusqu’à neuf pesticides simultanément dans un vin. »
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Mais c'est pas le pire : 

Roi du cochon et roi du poulet, main dans la main, groin contre bec… Au siège de la Coopé, les deux hommes ne se quittaient plus. Il est vrai que le chantier de la reconstruction des filières avicoles et porcines était immense. Les petits élevages, les indépendants, c’était fini. Il était prévu de tout regrouper sur les mêmes unités : production d’aliments, élevage, abattage, transformation, expédition, transport, production d’électricité à partir de la merde. Les promoteurs annonçaient une pollution nulle, l’absence d’odeurs et l’hygiène parfaite. Les plans des gigantesques unités de production, presque entièrement automatisées, s’étalaient sur les bureaux de la Coopé, dans la fumée des cigares, sous les coupes de champagne. Les boulots supportables allaient être réservés à quelques cadres super performants, venus d’ailleurs. Mais, de temps à autre, les deux patrons devaient subir les gémissements des candidats aux quelques postes de sous-prolétaires et néo-tâcherons qu’ils n’avaient pu supprimer. Cela les dégoûtait de constater quel degré d’humiliation et de trahison les pauvres pouvaient atteindre pour obtenir de pareils boulots de merde. Comme disait Bourgeois : "Des gens aussi proches de l’animal de compagnie ne doivent pas s’étonner d’être traités comme des esclaves".
Ils ne s’étonnaient pas, d’ailleurs. L’étonnement dénotait presque un réflexe de syndicaliste et ils n’étaient pas syndiqués. Ce qui amusait le plus Cloarec et Bourgeois, c’étaient les tractations avec les élus locaux. Des pantins. Prêts à tout pour qu’une usine à merde s’installe dans leur fief. Faire monter les enchères entre eux était un jeu d’enfant. Les édiles donnaient le terrain, exonéraient d’impôts, promettaient les routes, les parkings, les grillages; certains offraient des locaux provisoires, des bijoux, des grands crus, des putes, des chapelles et des calvaires, le transport des ouvriers, des dessous de table, les dessous des ouvrières, les voyages aux Caraïbes, une place sur leur liste, une place dans le lit de leur femme, dans le pieu de leur maîtresse, dans celui de leur fille, une place au match de foot ou à Dysneyland. Ils se mettaient en slip, prophétisaient la paix sociale, la soumission éternelle pour eux et leurs administrés. Ils garantissaient l’éradication de l’écologie,  l’absence de maladies vénériennes sur leur territoire, ainsi que  la bonne moralité des cons. En les poussant à peine, ils auraient promis à court terme de faire arracher les cerveaux de la tête des électeurs pour les greffer sur des bras de macaques.

Les projets de ces grandes usines à viande ne fascinaient pas que les pauvres imbéciles et les imbéciles pauvres. L’assainissement du marché et l’avancée technologique faisaient aussi affluer les capitaux des riches malins. Pour succéder à  l’enfer viral venu du fond des âges, la Sainte Trinité promettait le paradis de l’asepsie. Merci Dieu, merci la Science, merci l’Argent. Merci Cloarec, merci Bourgeois et tous les bons apôtres du Grand Capital.
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Gérard Alle. Extrait de « Il faut buter les patates », qui sera réédité sous forme numérique en janvier, et en mars, publié sur format traditionnel papier, aux éditions Locus Solus. 




Passons
 Dans une vraie interview, le grand historien américain Howard Zinn, professeur Émérite de l’Université d’Harvard, s’exprimait ainsi:
« Vous me demandez comment je réussis à rester engagé et à paraître heureux dans ce monde terrible où les efforts des personnes engagées semblent bien faibles face à « ceux qui ont le pouvoir » ? C’est facile.
1 – D'abord, ne laissez jamais « ceux qui ont le pouvoir » vous intimider. Quel que soit leur pouvoir, ils ne peuvent pas vous empêcher de vivre, de vous exprimer, de penser librement, d’avoir amis et relations de votre choix.
2 – Trouvez des personnes qui partagent vos valeurs, vos engagements, mais qui ne sont pas dépourvues d’humour (cet ensemble est primordial !).
3 – Soyez assurés que les principaux médias ne vous informent pas des différents actes de résistance qui se déroulent quotidiennement dans la société (grèves/manifestations/ actes individuels de courage) face à « l’autorité ».
Observez autour de vous et vous découvrirez sûrement de tels actes non médiatisés. À partir de vos observations, déduisez qu’ils sont au moins mille fois plus nombreux que ce que vous avez pu percevoir.
4 – Notez qu’au fil de l’histoire, des gens se sont sentis impuissants en face de « l’autorité », mais qu’à certaines époques, ces gens impuissants, en s’organisant, en risquant, en persistant ont créé suffisamment de puissance pour changer le monde autour d’eux, ne serait-ce qu’un peu.
C’est l’histoire des mouvements de salariés, de femmes, de handicapés, de pacifistes, de minorités ethniques ou sexuelles.
5 – Rappelez-vous que « ceux qui ont le pouvoir », et qui semblent invulnérables, sont en fait très vulnérables, que leur pouvoir dépend de l’obéissance des autres, et que lorsque ces autres refusent d’obéir, commencent à défier l’autorité, ce pouvoir du « sommet » devient tout à coup très fragile.
Les généraux sont impuissants quand leurs troupes refusent d’obéir, les industriels ne peuvent rien quand les salariés quittent le travail, ou occupent les entreprises.
6 – Lorsqu'on oublie cette fragilité du pouvoir, on est étonné quand il s’écroule face à la rébellion. Nous avons eu nombre de surprises de ce type, tant aux États-Unis que dans d’autres pays.
7 – N’espérez pas un moment de victoire totale. Envisagez un combat continuel, avec ses victoires et ses défaites, mais avec, à long terme un accroissement de la conscience.
Il faut donc de la patience, de la persévérance, et il faut aussi comprendre que si l’on ne « gagne » pas, on éprouve bonheur et plénitude en s’engageant, avec d’autres, pour une cause noble et digne. »

Texte de Howard Zin,  Publié le 1 janvier 2014. Source : ACIPA, via Attac   Nota : Le professeur Zinn est issu d’une famille modeste qui avait fui les persécutions antisémites des pays de l’Est.