Quoi, un BLOG ?!

Le but de celui-ci n'est pas de battre des records de fréquentation mais d'éviter, au maximum, de sombrer dans la xyloglossie texte
De toute façon, ne vaut t'il pas mieux échanger avec une poignée de personnes éduquées que se taper les dégoisements d'une horde d'ignares ?


FESSEBOOK vous propose des articles avec, en complément, des "coups de gueule" (colonne de droite) dans lesquels l'actualité y est moins brûlante, mais où vous y trouverez amplement matière à cogiter.

SACRÉES BONNES FEMMES.


 Isabelle EBERHARDT.

Sa mère, mariée avec le général Paul de Moerder, s’enticha du précepteur de ses enfants Alexandre Trophimowsky (Philosophe, érudit, polyglotte, qui a joué un rôle dans le mouvement révolutionnaire Russe.) Leur idylle donna naissance à une fille Isabelle, née « illégitime » en 1877 à Genève. Le vieux général va mourir en laissant à sa veuve une fortune considérable lui permettant de voyager à travers l’Europe, accompagnée de Trophimowsky  (C'est un anarchiste et il va éduquer la petite Isabelle comme tel.) Elle ne fréquentera pas l’école mais découvrira avec lui, l’histoire, la géographie, la chimie et les langues qu’il maîtrise, le grec, l’italien, l’arabe, le russe, le latin et le turc.
A 20 ans elle quitte Genève pour le Constantinois et découvre une culture, un pays et une religion. Isabelle va dès lors mener une vie de nomade en Afrique du nord, se faisant passer pour un homme sous l’identité de Mahmoud Saadi. Convertie à l’Islam, elle rencontre Slimane Ehnni, musulman de nationalité française sous-officier dans les spahis. Elle l’épousera en 1901. Ses pérégrinations vont lui faire croiser Lyautey. Il dira d’elle : « Elle était ce qui m’attire le plus au monde, une réfractaire…Je l’aimais pour ce qu’elle était et ce prodigieux tempérament d’artiste, tout ce qui en elle faisait tressauter les notaires, les caporaux, les mandarins de tout poils. »
Le 21 octobre 1904, sa maison est emportée par un torrent qui transforme l’oued en piège mortel, dont elle ne survivra pas. Elle avait 27 ans. Son histoire a été portée à l’écran par Ian Pringle en 1992, dans un film éponyme dans lequel Mathilda May jouait son rôle et Tcheky Karyo celui de Slimane. Vous pouvez peut-être vous procurer quelques uns de ses livres, Amara le forçatL’anarchiste publié en 1923, Au pays des sables, chez Losfeld éditeur. Edmonde Charles-Roux lui a consacré une biographie chez Grasset en 1995.
Ce petit bout de femme était un sacré bonhomme !
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 Essayons de prendre un peu d'altitude et, au passage, de nous souvenir d'une grande dame disparue en 1969 à l’âge canonique de 101 ans. Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous son nom de plume: Alexandra David-Néel. De nationalités Française et Belge, c’était une orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine, exploratrice... Elle fut en 1924, la première européenne à séjourner à Lhassa au Tibet.
L‘orthodoxie voudrait que l’on prononçât Né-el et non Nil mais la mode anglo-saxonne à produit son effet. Son père était instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848 et grand ami du géographe anarchiste Elisée Reclus. C’est celui-ci qui l’amène à s’intéresser aux idées anarchistes de l’époque (Stirner, Bakounine) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Adolescente, elle s’enfuit de Ostende pour gagner l’Angleterre. Elle devint première chanteuse à l’opéra de Hanoï et abandonne sa carrière de chanteuse en 1902. C’est en 1904, à Tunis, qu’elle épouse Philippe Néel. Vie de couple qui se termina définitivement en 1911 lors de son départ pour son troisième voyage en Inde.
A Lachen, elle va vivre auprès d’un des plus grands Gomchens (ermite) de l’époque et recevoir son enseignement. C‘est un long périple à travers la Corée, Pékin, le Gobi, la Mongolie qui va l’emmener elle et Aphur déguisés en mendiante et moine jusqu’à Lhassa, nous sommes en 1924. Puis, Alexandra va rentrer en France où elle s’installe sur les hauteurs de Toulon. Elle va y écrire plusieurs livres relatant ses voyages. En 1937, âgée de 69 ans elle décide de repartir pour la Chine avec Aphur Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de ce conflit. Fuyant les combats elle erre en Chine et finit par se retrouver en 1946 en Inde. A cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes, quelques mois avant de s'éteindre. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 pour être dispersées dans le Gange.
[Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT] A lire: Pour la vie. 1898 aux éd. Les nuits rouges - Le féminisme rationnel. 1909 même éditeur - Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains. 1951 ed. Pygmalion. 
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Décapitation de la «Rose blanche»

Le 22 février 1943, trois étudiants allemands d'une vingtaine d'années sont guillotinés dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Leur crime est d'avoir dénoncé le nazisme dans le cadre d'un mouvement clandestin, «La Rose blanche» (Die Weiße Rose en allemand). Comment, de juin 1942 à février 1943 une poignée de jeunes étudiants chrétiens ont-ils pu défendre les valeurs démocratiques au prix de leur vie ?  Comment ont-ils pu diffuser six tracts incendiaires tout en écrivant le soir des slogans pacifistes et antinazis sur les murs de Munich ?
-Les prémices de la résistance.
Résidant à Ulm et âgé de 14 ans en 1933, le lycéen Hans Scholl n'est pas au début insensible aux discours de Hitler. Comme tous les jeunes Allemands de son âge, il s'engage avec sa soeur Sophie (12 ans) dans les Jeunesses Hitlériennes mais prend assez vite ses distances. Aidé par ses parents et encouragé par l'éditeur Carl Muth du mensuel catholique Hochland, il rompt avec le national-socialisme et se consacre à ses études de médecine. Mais il est arrêté et emprisonné en 1938 pour sa participation à un groupe de militants catholiques. Quatre ans plus tard, sa décision est prise. Il décide d'entrer en résistance par l'écrit après avoir lu des sermons de l'évêque de Münster Mgr von Galen  dénonçant  la politique du gouvernement à l'égard des handicapés. Un noyau dur se constitue autour de Hans et Sophie Scholl (protestants) et de trois étudiants en médecine que lie une solide amitié : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d'un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans et leur ami Christoph Probst
En juin 1942, alors que Hitler est au sommet de sa puissance, le petit groupe décide d'appeler les étudiants de Munich à la résistance contre le régime nazi, qualifié de «dictature du mal». Sophie se garde d'informer de ses actions son fiancé, un soldat engagé sur le front de l'Est.
-La rose s'épanouit.
En moins de quinze jours, les jeunes gens rédigent et diffusent 4 tracts, signés «La Rose blanche» (Die Weiße Rose). Imprimés dans l'atelier de Munich mis à leur disposition par l'écrivain catholique Théodore Haecker, ils sont diffusés de la main à la main, déposés chez des restaurateurs de la ville ou adressés par la poste à des intellectuels non-engagés, des écrivains, des professeurs d'université, des directeurs d'établissements scolaires, des libraires ou des médecins soigneusement choisis. Les tracts font référence à d'éminents penseurs (Schiller, Goethe, Novalis, Lao Tseu, Aristote) et citent parfois la Bible. Leurs lecteurs sont invités à participer à une «chaîne de résistance de la pensée» en les reproduisant et en les envoyant à leur tour au plus grand nombre possible de gens. Willi Graf est enrôlé dans l'armée en juillet 1942 et découvre à cette occasion nombre d'atrocités.
Quant à Hans Scholl et Alexander Schmorell, incorporés comme maréchal des logis dans la Wehrmacht en tant qu'étudiants en médecine, ils passent trois mois sur le front russe et constatent avec effroi l'horreur des traitements infligés aux juifs, aux populations locales et aux prisonniers soviétiques.
À partir de novembre 1942, les résistants de La Rose Blanche bénéficient du soutien de leur professeur Kurt Huber (49 ans, catholique convaincu) de l'université de Munich, qui devient leur mentor. Ils impriment et diffusent leurs tracts à des milliers d'exemplaires dans les universités allemandes et autrichiennes d'Augsbourg, Francfort, Graf, Hambourg, Linz, Salzburg, Sarrebruck, Stuttgart, Vienne et même de Berlin !
Le petit groupe collecte en même temps du pain pour les détenus de camps de concentration et s'occupe de leurs familles. Il est toutefois déçu par le peu d'écho de ses initiatives au sein de la population étudiante.
Un cinquième tract intitulé «Tract du mouvement de résistance en Allemagne» est distribué à plusieurs milliers d'exemplaires dans les rues, sur les voitures en stationnement et les bancs de la gare centrale de Munich !
Plus fort encore, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : «Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler !...» Imprimé à plus de 2.000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste, le sixième et dernier tract commente la défaite de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Comme quelques centaines de ces tracts n'ont pu être expédiés, Hans Scholl décide de les diffuser dans l'Université de médecine. Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus par le concierge de l'université en train de jeter un dernier paquet de tracts du haut du deuxième étage donnant sur le hall. Ils sont aussitôt arrêtés avec leurs amis, livrés à la Gestapo (la police politique) et emprisonnés à Stadelheim.
-Un procès expéditif.
Le 22 février 1943, après une rapide instruction, le Tribunal du peuple chargé des «crimes politiques» se réunit pour un procès expéditif de trois heures. Il est présidé par Roland Freisler, venu exprès de Berlin. Cet ancien communiste est l'un des chefs nazis les plus brutaux qui soient. Sophie Scholl, qui a eu une jambe brisée au cours de son «interrogatoire » par la Gestapo et comparaît sur des béquilles, lui fait face avec un courage inébranlable. Freisler prononce lui-même la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst - baptisé quelques heures avant son exécution par un prêtre de la prison.Sophie et Hans sont exécutés par les fonctionnaires de la prison de Stadelheim après avoir revu une dernière fois leurs parents, Robert et Magdalene Scholl. Hans Scholl s'écrie «Vive la Liberté!» avant de mourir sur la guillotine (cet instrument a été importé de France en Bavière au XIXe siècle, à la suite des guerres napoléoniennes). Depuis, les trois jeunes martyrs reposent les uns à côté des autres dans le cimetière voisin de la forêt de Perlach.
Quelques mois plus tard, un second procès frappe quatorze accusés pris dans la même vague d'arrestations : le professeur Kurt Huber, Alexander Schmorell et son camarade Willi Graf sont condamnés à mort.
À l'automne 1943, le réseau de Hambourg est lui aussi démantelé par la Gestapo. Dix autres membres de la Rose Blanche - amis des Scholl, jeunes étudiants des universités d'Ulm et de Sarrebruck, ou sympathisants actifs comme Eugen Grimminger qui les avait aidés financièrement - sont envoyés en camp de concentration où ils paieront aussi de leur vie leur participation aux activités du mouvement.
Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie d'une notoriété nationale et même mondiale. Le 27 juin 1943, parlant de «la naissance d'une foi nouvelle, celle de l'honneur et de la liberté», l'écrivain allemand en exil Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l'été 1943,
l'aviation anglaise jette sur le pays un million d'exemplaires du dernier tract rédigé par le professeur Huber.
L'ami de coeur de Sophie, qui était sur le front de l'Est, obtient une permission sitôt qu'il apprend son arrestation mais il arrive à Munich deux heures après son exécution. Il va entrer dès lors dans la résistance au péril de sa vie... La Rose Blanche a vécu à peine un an mais la mémoire d'une lutte héroïque - contre la résignation et pour la défense de la liberté d'opinion lorsqu'elle est menacée - , elle, ne s'éteindra jamais.

- Le cinéaste allemand Marc Rothemund a réalisé en 2005 un film émouvant et rigoureux, les derniers jours (en allemand, die letzten Tage). Il relate l'arrestation du groupe de jeunes gens, l'instruction de leur procès et leur exécution. Son film suit fidèlement la réalité historique telle que relatée dans le livre de souvenirs publié en 1953 par la soeur de Hans et Sophie Scholl : Die weisse Rose (mal traduit, l'ouvrage a répandu dans le public français quelques erreurs factuelles, notamment en traduisant le mot allemand Fallbeil par hache au lieu de guillotine).

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